Par ici la bonne soupe
L’idée m’a frappé, mardi soir, amusante idée de roman bourrin, aussi désespérante que l’est toute idée trop lucide : en démocratie libérale, les riches ne lâcheront jamais le pognon autrement que par la force. Et la « force » est illégale.
Appelez ça comme vous voulez, mais si 1) l’écart entre les riches et les pauvres augmente sans cesse, 2) le nombre de gens dans la rue, mécaniquement, augmente en fonction et 3) (bonus track) l’État décide tous les jours un peu plus de les laisser crever à petit feu, alors 4) la seule manière de piquer un peu aux riches (disons plutôt d’écrémer la partie de leur patrimoine dépassant un certain plafond — qu’on pourrait fixer très libéralement à 1 million d’euros, c’est-à-dire deux grands appartements parisiens) pour permettre aux pauvres de se loger, de bouffer à leur faim et de vivre débarrassés de l’angoisse cruelle et paralysante du lendemain, ce serait, c’est par la violence. Un pistolet sur la tempe.
Évidemment, cela nécessite de former quelques brutes épaisses afin de les rendre un minimum sensibles à l’idée de bien commun/public. Autrement dit : au socialisme et/ou au patriotisme (si on les prend très cons à la base, p. ex. légionnaires ou huissiers de justice). Puis de former des commandos « fiscaux » composés de comptables du Trésor (on y revient, hélas, toujours, tant que l’argent existe) et des tueurs/tortionnaires susmentionnés. Commandos de l’ombre, bien sûr, payés sur fonds secrets — puisqu’en démocratie, on l’a vu, la force brute est illégale mais nécessaire pour faire cracher les richards au bassinet.
Le sort des avocats fiscalistes dans tout ce brillant scénario est encore à affiner. Il est totalement ouvert. Toutes les possibilités sont envisageables, au cas par cas sans doute.
Tom Cantor, dans : Dix vagues à Sion


Mon grand-père confisquait, pistolet à la tempe, les appartements des filo-nazis à Madrid, pendant la guerre d’Espagne. I’m in ! C’est une tradition familiale. Je ferai volontiers l’huissier à la solde, quitte à prendre les jambes à mon cou quand tu ne seras plus au pouvoir.
« Le sort des avocats fiscalistes (…) est encore à affiner »: il s’affinera tout seul, tu n’as pas à t’en inquiéter.
Cantor, tu es un génie.
Il faudrait déjà que tu passes tes diplômes d’huissière !
Monsieur,
Cette idée de base étant celle qui sous-tend l’ensemble de ma production depuis des années, je vous remercie, compte tenu de votre talent que je subodore supérieur au mien, de me laisser exploiter mon filon quelques temps (disons un prix littéraire, un Molière et un prix, n’importe lequel, je ne suis pas regardant, à Cannes) avant de vous lancer sur mon créneau.
Cordialement,
Erwan
PS : je ne suis pas contre le concept de collaboration, tant qu’aucune puissance n’a envahi, annexé, écrasé, anschlussé ou soumis l’autre…
C’est surtout qu’on va finir par le faire, ce putsch ! Encore quelques dizaines de gaillards décidés dans notre genre, et hop ! Révolution de Palais à l’Elysée, Sarkozy dans la geôle qu’il mérite, Carla Bruni vendue à Hugo Chavez et à nous le privilège de ruiner les caisses de l’Etat comme on l’entend.
Et si l’enjeu véritable était, non pas de « lâcher le pognon », mais au contraire de créer de la richesse ? De partager, non ce qui existe, mais ce qui n’existe pas encore ?
On ne fait rien avec un million d’euros, on ne s’achète même pas un bel appartement dans le Marais ou un tableau de maître, sans parler d’investir pour justement créer cette richesse qui nous fait tant défaut.
Au premier coup de feu trotskommuniste, nos millionnaires prendront leur jet privé, direction Hong Kong ou Los Angeles, seuls resteront les pauvres qui n’auront à partager que les coups de pied au cul.
C’est bien triste, moi aussi je voulais n’être qu’une brute épaisse avide de babouvisme.
Bonjour,
Me donnerez-vous une adresse courriel à laquelle je pourrais vous écrire?
Merci d’avance,
R1