Athènes craque un peu plus que Lille aujourd’hui

Athènes est en flammes et la rotation des articles proposés en page d’accueil par Yahoo m’informe entre autres que :

  • Le décolleté de Rihanna est ravageur.
  • Un vigile du magasin Tati de Dieppe s’est fait licencier après avoir dénoncé sa directrice qui volait dans ses propres rayons.
  • Voyager côté hublot dans un avion est (serait ?) dangereux.
  • « Paris peine, Lille craque » (football — Pierre Ménès).
  • Pierre Sarkozy crée malgré lui la polémique.
  • Whitney Houston se serait noyée dans sa baignoire.
  • Brice Hortefeux a annoncé la candidature de son ami analphabète à l’élection présidentielle française.
  • Les jeux de danse sur console sont (seraient ?) dangereux.

Au total, quatre nouvelles concernant Whitney Houston et quatre concernant le football, sur un total de trente-deux.

Politique internationale : un article (Syrie).

Grèce : zéro.

Don Chalimont, dans : Idiocratie | Le monde sous les bombes | Spectaculaire-marchand

Marre, c’est marre !

« C’est vrai, ça, moi aussi des fois ça me le fait ! »

Bref. La médecine est grande, et Doctissimo est son prophète.

Don Chalimont, dans : Fiches cuisine

Le succès hollandais

Avant, on cherchait par tous les moyens à « vendre du papier », maintenant, on « brasse des bits » — bref, on fait dans l’immatériel, toujours avec du vent. Le « gros tirage » d’aujourd’hui, c’est le « gros trafic ». Rue89, à force de publier des articles vite pondus, à la substance toujours un peu plus creuse, semble se faire une spécialité de racoler le chaland de gauche en le caressant systématiquement dans le sens du poil, ce qui n’est pas glorieux et contribue à laminer encore un peu plus ce qui reste de la vraie gauche.

Mais ne parlons pas du fond — inexistant — de cet article sur l’élection présidentielle (« Ce n’est pas pareil de gagner avec 52 % des suffrages ou avec 55 % »), concentrons-nous deux secondes sur la forme, qui témoigne du fait — qui ne surprendra personne — qu’on n’a pas jugé utile d’embaucher un relecteur dont la mission serait de lisser un peu les nombreuses conneries écrites à l’emporte-pièce pour continuer d’affoler à intervalles réguliers les lecteurs de flux RSS (« to push the bullshit »). J’ai bien dit deux secondes, ce sera suffisant :

L’anti-sarkozysme reste le principal moteur du succès hollandais.

Don Chalimont, dans : Idiocratie | Le monde sous les bombes | Textuel

Les trous du cul ne se cachent plus

Il y a des gens qui se scandalisent, s’outrent et geignent parce que Megaupload, un site de téléchargement de séries télé (entre autres), a dû fermer. (Peu importe ici les raisons et la manière de cette fermeture.) Et de hurler, sans s’étrangler de rire, à « l’atteinte aux libertés »… C’est le festival des nerds dans les commentaires des sites se plaçant à l’avant-garde de l’assèchement intellectuel, type Rue89. Un vrai festival, oui. « On ne sait que choisir… » Ceci, par exemple ?

J’avais acheté un espace illimité “ à vie ” sur Megaupload pour y stocker toutes mes photos personnelles, mes documents importants, bref, ma vie privée. De quel droit le FBI, qui n’est même pas une institution de mon pays, me prive-t-il de mon bien ? De quel droit notre Président se réjouit-il du vol dont je fais l’objet ?

Que voulez-vous que je vous dise ? Je ne m’étonnerai pas — vu l’apathie des gens de ma génération décidément exténuante de connerie — si un futur groupuscule de salut public, devant une telle impasse historique, un tel troupeau de moutons, se met tout à coup à napalmer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un internaute « fier de vivre dans une époque aussi formidable ». Comme l’imbécile signant 222diablo222, emblématique :

Aucune institution [ne] peut se réserver le droit d’obturer le partage de la culture et de la connaissance à travers le monde. Internet a supprimé la barrière qui empêchait les moins aisés d’avoir accès à une mine d’informations et d’œuvres. [...] La culture est à tout le monde.

En effet, Internet a permis à des millions de « moins aisés » (plus ou moins foncés de peau) de pouvoir télécharger à leur aise La Vérité si je mens 3 (bientôt sur vos écrans) ou l’intégrale de Rihanna, et pour cela, merci, Internet, tu es grand. Ah oui : et vive la culture libre !

Il y a très longtemps, avant l’invention des blogs, avant Myspace, avant Sarkozy président, bref, il y a très longtemps, un rigolo avait créé ce site, toujours en ligne : le tRoU dU cULz’ hiDEouT. Traduction inutile, je suppose. On y lisait ceci (dans la page « hACK dA wEurLD »):

Pour compléter le tout et vraiment passer pour un hacker, il ne faut pas hésiter à dire des conneries du genre « Je ne suis qu’un assoifée de connaissance ». OK, tu quadruples ta seconde, mais bon c’est pas grave, tu aimes quand même apprendre, c’est ta grande passion et tu as beaucoup de volonté. Précise bien que jamais tu ne causes de dégâts aux très nombreuses machines que tu pénètres, dis que tu fais juste ça « pour le challenge intellectuel ». Oui, là, il faudra te forcer pour ne pas exploser de rire, mais entraîne-toi devant ta glace avant.

Tout était déjà dit. Quand on vous sort l’argument du « partage de la culture » et de la « gratuité de la connaissance » pour défendre ce qui n’est que le symptôme bête et méchant d’un trouble compulsif du téléchargement, faites comme moi : visez les genoux !

Don Chalimont, dans : Idiocratie | Le monde sous les bombes | Réclame | Spectaculaire-marchand

Utilisation du condamné à mort

Voici le résultat d’une expérience faite à Londres, dont la vérité m’a été garantie par deux personnes dignes de foi, un savant et un homme politique, et qui domine les questions que nous allons traiter.

Le gouvernement anglais a permis de disposer de la vie de trois condamnés à mort, auxquels on a donné l’option ou d’être pendus suivant la formule usitée dans ce pays, ou de vivre exclusivement, l’un de thé, l’autre de café, l’autre de chocolat, sans y joindre aucun autre aliment de quelque nature que ce fût, ni boire d’autres liquides. Les drôles ont accepté. Peut-être tout condamné en eut-il fait autant. Comme chaque aliment offrait plus ou moins de chances, ils ont tiré le choix au sort.

L’homme qui a vécu de chocolat est mort après huit mois.

L’homme qui a vécu de café a duré deux ans.

L’homme qui a vécu de thé n’a succombé qu’après trois ans.

Je soupçonne la Compagnie des Indes d’avoir sollicité l’expérience dans l’intérêt de son commerce.

L’homme au chocolat est mort dans un effroyable état de pourriture, dévoré par les vers. Ses membres sont tombés un à un, comme ceux de la monarchie espagnole.

L’homme au café est mort brûlé, comme si le feu de Gomorrhe l’eût calciné. On aurait pu en faire de la chaux. On l’a proposé, mais l’expérience a paru contraire à l’immortalité de l’âme.

L’homme au thé est devenu maigre et quasi diaphane, il est mort de consomption, à l’état de lanterne ; on voyait clair à travers son corps ; un philantrope a pu lire le Times, une lumière ayant été placée derrière le corps. La décence anglaise n’a pas permis un essai plus original.

Je ne puis m’empêcher de faire observer combien il est philantropique d’utiliser le condamné à mort au lieu de le guillotiner brutalement. On emploie déjà l’adipocire des amphithéâtres à faire de la bougie, nous ne devons pas nous arrêter en si beau chemin. Que les condamnés soient donc livrés aux savants au lieu d’être livrés au bourreau.

Balzac, Traité des excitants modernes, consultable ici. (Je ne sais pas si l’orthographe de « philantrope » et « philantropique » est d’origine ou si elle est plutôt due à la retranscription.)

Don Chalimont, dans : Fiches cuisine | Textuel

Y en a un peu marre, du foutchebol

Oui, c’est vraiment le thème de la semaine, je ne l’ai pas fait exprès. Suite et fin des aventures des footeux en Kulturie. Cette fois-ci, après l’angle sociologique et l’angle idiot (ou l’inverse), le grand angle cinématographique. Le blog Nightswimming propose un affrontement à onze contre onze entre l’US Cahiers du cinéma et le Positif FC.

Plus intello-potache, tu meurs.

Et tout ça ne vaut pas, ma foi, l’authentique chef-d’œuvre des Monty Python : Allemagne-Grèce, le match de philosophie.

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Je ne sais pas s’il existe une traduction potable du texte quelque part. Sans doute. Flemme de chercher, et encore plus flemme de traduire. Un petit extrait pour la bonne bouche :

The Germans playing 4-2-4, Leibniz in goal, back four Kant, Hegel, Schopenhauer and Schelling, front-runners Schlegel, Wittgenstein, Nietzsche and Heidegger, and the mid-field duo of Beckenbauer and Jaspers. Beckenbauer obviously a bit of a surprise there.

Il y a quelques jours, nous sommes passés à côté du château où ils ont tourné Sacré graal !

C’est un tout petit château sur un tout aussi petit îlot (en fait, un peu moins petit, ce qui permet au château de tenir dessus, mais vous voyez l’idée).

Ah, les Monty Python… Who else?

Don Chalimont, dans : Réclame | Spectaculaire-marchand

Arabesques

Ça doit être l’air du temps, je ne sais pas, mais dans un des nombreux hauts lieux de culture alicantins, la Aula CAM, où se tiendra pendant tout le mois de janvier un cycle Kaurismaki assez Zidane pendant (vraisemblablement) la finale de la Ligue des champions 2002.bienvenu, aura également lieu le 23 janvier au soir un débat on ne peut plus sérieux sur le thème suivant :

¿Es Zidane un artista?

Pas besoin de traduire, je pense (à moins que mes lecteurs aient le QI d’une chaussure à crampons).

Don Chalimont, dans : Idiocratie | Réclame | Spectaculaire-marchand

Quand les intellectuels s’emparent des joujoux du peuple

Certes, le jeu de mots est discutable et ne signifie, du reste, pas grand-chose : Football totalitaire. (NB pour les incultes : référence au « football total » inventé par les Néerlandais dans les années 1970 et qui trouve son prolongement actuel dans les travaux du FC Barcelona, entre autres.)

Football totalitaire Cruijff pendant (semble-t-il) la finale de la Coupe du monde 1978 contre l'Argentineserait donc le blog d’un esprit brillant, potache, mais un peu crétin, comme tout ce qui trempe un peu trop longtemps dans le bain de l’époque. Une époque faussement paisible qui contamine à peu près tout le monde. Il se murmure même qu’un de ces crétins post-tout pour lesquels rien n’a plus de valeur a un jour ouvert un bistrot qu’il a appelé Politburo — ce qui ne faisait pas beaucoup rigoler les Russes de passage, je me permets de vous le dire.

Énervant tropisme donc que celui que nous partageons : second degré, « postmodernisme », etc. Mais je me mets quand même un marque-page sur ce Football totalitaire, aussi énervante fût la déclaration d’intention de son auteur, ne serait-ce que parce que j’ai plutôt bien aimé — première et très fugitive impression — son blog sur l’urbanisme, Pop-up urbain.

C’est toujours un peu angoissant que les intellectuels se mettent à parler — à disserter — des passions populaires. On se met à craindre qu’une nouvelle fois le sujet abordé soit impitoyablement vidé de sa substance. L’intello comme zombie zombifiant. Par exemple, avait-on besoin du petit livre d’Emmanuel Burdeau sur les Soprano ? Probablement que non, car la seule chose qu’il nous ait apprise, c’est que l’auteur avait envie de se regarder écrire un bon coup. De même, n’a-t-on pas raison d’avoir un peu les chocottes avant d’aborder un recueil de textes académiques sur l’excellente série The Wire ? A-t-on besoin qu’une grosse tête nous explique pourquoi et comment la création éphémère du major Colvin, « Hamsterdam », est une « utopie réformiste » ?

Besoin, certainement pas. Envie ? C’est déjà autre chose. Je crois que je lirai ce bouquin avec un certain plaisir, mâtiné de quelques pointes d’irritation devant les inévitables lourdeurs et périphrases.

Mais je suis, au final, et comme l’on dit à la télévision, client.

Depuis que j’ai lu (en 1999 ?) tout un site web décryptant l’utopie totalitaire — on y revient — à l’œuvre chez les Schtroumpfs, sans doute. Je ne sais plus où c’était, comment ça s’appelait, ni si c’était vraiment bon, ni même si l’angle était en effet celui de l’utopie totalitaire (c’était peut-être le « paradis socialiste », ou quelque chose comme ça) mais ça m’a marqué. Je n’avais pas encore entendu parler de Roland Barthes.

Bref, je suis client de toutes ces pertes de temps. Il en faut des gens comme moi pour publier des bouquins pareils.

Don Chalimont, dans : Réclame | Spectaculaire-marchand

Sky-blue skies and oceans

L’homme — en tout cas : l’exemplaire concerné ici, c’est-à-dire moi — est un animal qui échappe difficilement au conditionnement météorologique.

Qu’on en juge (et vite, car j’ai de l’eau sur le feu) : parti une semaine en Écosse pour ce qui ressemblait d’assez près à des vacances malgré le froid, la pluie, la grêle et la neige, j’atterris aujourd’hui sur le sol espagnol, pile à l’endroit chaud et lumineux où j’habite depuis un an.

Et le soleil, la mer, le bleu du ciel — et, tant qu’à faire, celui de la mer — m’envoient tous le même signal : vacances. Or, précisément, je sais que je ne suis pas en vacances puisque je sors d’en prendre. Mais je n’y peux rien : conditionnement. Plutôt agréable, dans ce sens-là.

Happy new year, laddies and ladies.

Don Chalimont, dans : Autofiction (de mes deux)

Galéjons dans la joie

Après avoir découvert l’existence d’un député européen « eurosceptique » n’ayant pas peur d’affronter les infâmes technocrates populophobes sur leur terrain, c’est-à-dire au Parlement européen, je découvre l’existence d’un morceau de punk pas du tout sceptique mais complètement centriste sur les bords.

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Rions ensemble de cette sympathique galéjade. Et louons (ensemble aussi) le correcteur automatique de WordPress qui connaît le mot galéjade.

Don Chalimont, dans : Réclame | Spectaculaire-marchand